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Chapitre 3: Les Tests de QI ou les limites de la mesure

Mis à jour : janv. 13







« les tests ne créent pas davantage l’intelligence qu’une pendule ne crée le temps » J.C Terrassier


C’est à la fin du XIXème que des psychologues, anthropologues, psychiatres, de différentes nationalités commencent à travailler sur la mesure de l’intelligence. Il est intéressant de noter que même si les tests ont considérablement évolué car ils prennent en considération plusieurs formes d’intelligence, le référentiel logico-mathématique perdure, même au-delà des tests.

Les Français, Alfred Binet (1857-1911) et Théodore Simon (1873-1961) ont mis au point en 1904, le premier test de mesure d´intelligence. Le Ministère de l´Éducation Nationale les avaient chargés de développer un test pour différencier les enfants souffrant d´insuffisances intellectuelles des enfants uniquement paresseux. Ce test appelé "échelle métrique de l'intelligence" était constitué de plusieurs composants tels que le raisonnement logique,

l´identification des rimes et la désignation des objets.

- L’Allemand Wilhelm Stern (1871-1938), développe en 1912 une méthode pour déterminer le quotient intellectuel (QI). Il a eu l’idée de faire le rapport entre les résultats obtenus au test de Binet-Simon et l’âge réel de la personne. W. Stern définit le quotient intellectuel comme l'union, le rapport, entre l'âge mental et l'âge chronologique. La notion de quotient intellectuel est toujours utilisée, cependant, à partir de 1939, le mode de calcul change, grâce aux travaux de L’Américain David Wechsler (1896-1981).


Le test de David Wechsler est l’outil de référence dans le domaine de l’examen clinique de l’intelligence, il la définissait ainsi : « l’intelligence est déterminée de façon multiple et a des facettes multiples. Ce à quoi elle fait toujours appel n’est pas une aptitude particulière mais une compétence d’ensemble ou capacité globale qui, d’une façon ou d’une autre, permet à un individu sensible de comprendre le monde et de réagir efficacement à ses défis ».


En 1917, D. Wechsler était psychologue dans l’armée américaine, chargé de l’examen individuel de l’intelligence de jeunes recrues qui, du fait de leur manque de maîtrise de l’anglais ou de leur faible niveau scolaire, ne pouvaient passer les tests collectifs d’intelligence. À cette occasion, il se rendit compte que le Q.I. était un indicateur imparfait des capacités intellectuelles d’un individu, car toujours influencé par des variables, telles que la personnalité, la motivation et les opportunités d’apprentissage. Comme ces facteurs ne pouvaient être éliminés des mesures intellectuelles, D. Wechsler en conclu que les tests d’intelligence devraient prendre ces facteurs en considération car selon lui : « Les tests d’intelligence ne peuvent pas mesurer tout de l’intelligence » (1944).

Après la mort de D. Wechsler, son éditeur a continué à améliorer les différentes échelles, en mettant à jour les normes et le contenu des épreuves, et en modifiant leur structure en fonction de l’évolution des modèles de l’intelligence. Ces tests et échelles sont universels.

Les dernières versions sont les suivantes :

2016 : WISC V de 6 à 16 ans 11 mois

2014 : WPPSI IV de 2 ans 6 mois à 3 ans-11 mois et 4 ans 7 ans-7 mois (cf. annexe 3)

2011 : WAIS IV à partir de 17 ans

À l’issue des tests, le Quotient Intellectuel Total (QIT) est calculé puis comparé aux autres sur

L’Échelle de Wechsler (courbe de Gauss ). Celle-ci montre la répartition statistique du QI de la population avec une moyenne à 100.

Ainsi, par calcul de deux écart-types, on peut définir le nombre de surdoués au-dessus du

seuil de 130 de 2.5% . J.C Terrassier et A. Adda, estiment le seuil minimum à 125.

Le résultat du Quotient Intellectuel Total (QIT) ne donne une vue que très partielle du potentiel de la personne car dans chaque test de « Wechsler » il existe des subtests dont les résultats peuvent ne pas être homogènes.

Par exemple pour le WISC V, 5 indices sont pris en considération pour calculer le QIT :

la Compréhension verbale (ICV), le Raisonnement fluide (IRF), les Aptitudes visuospatiales (IAV), la Mémoire de travail (IMT), la Vitesse de traitement (IVT).

Le QIT n’est pas la moyenne des notes obtenues à chaque indice. En effet, il existe d’une part un étalonnage pour chaque indice (correspondant à la somme des notes standard aux subtests principaux de l’indice), et d’autre part, pour le QIT, un étalonnage spécifique.

S’il existe de trop grands écarts (>15) entre les indices, il est parfois impossible de calculer un QIT et l’on dira que le profil est « hétérogène » ou « complexe ». Versus « homogène » ou « laminaire ».

Dans tous les cas, pour analyser les résultats, le psychologue tient compte des compétences spécifiques mises en évidence par chacun des 5 indices, ainsi que des résultats de chaque subtest.

Le psychologue regarde également la répartition des notes par rapport à la norme, analyse les forces et faiblesses du profil. Ses observations qualitatives, à savoir comment s’est comportée la personne qui a passé le test, l’état de stress apparent… et son expérience clinique comptent également pour « évaluer » les résultats.

Un nombre ne rend pas forcément compte du potentiel total de la personne. Cela reste une photographie à un instant t, du fonctionnement cognitif d’une personne, cela ne mesure en aucun cas exactement son intelligence.

En revanche, la différence de résultats entre les subtests permet de mettre en exergue certaines difficultés, par exemple, il n’est pas rare de voir l’Indice de Vitesse de Traitement plus faible que les autres indices. Cela rejoint la difficulté qu’ont certains enfants avec l’écriture et le graphisme, graphothérapeutes et psychomotriciens peuvent être d’une aide précieuse.



Les autres intelligences...

Il m’est impossible de parler d’intelligence sans évoquer Howard Earl Gardner (1943 -) et sa théorie sur les intelligences multiples.

En 1983, Howard Gardner publie le livre « Frames of Mind : the Theory of Multiple Intelligence », dans lequel il critique l'emploi des tests d'intelligence dans le cadre de l'orientation scolaire des enfants. Il y défend l'idée que l'intelligence des enfants en échec scolaire aux États-Unis soit comprise différemment, les tests d'intelligence ne mesureraient pas plusieurs types d'intelligences qui ont également un impact sur la vie de l'enfant.

Les tests ne donneraient donc qu’une vue partielle du potentiel de l’enfant.

Il décrit sept types d'intelligences en parlant de capacité ou « Ability », qui évoque l’inné :

- L’intelligence musicale est la capacité à être sensible aux structures rythmiques et musicales. On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui fredonne souvent, bat du pied, chante, se met à danser sur le moindre rythme et ceux qui saisissent facilement les accents d’une langue étrangère.

- L’intelligence kinesthésique est la capacité à utiliser son corps d’une manière fine et élaborée, à s’exprimer à travers le mouvement, d’être habile avec les objets. On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui contrôle bien les mouvements de son corps, qui est tactile, habile en travaux manuels, aime faire du sport.

- L’intelligence logico-mathématique est la capacité à raisonner, à calculer, à tenir un raisonnement logique, à ordonner le monde, à compter. C’est l’intelligence qui a été décrite avec beaucoup de soin et de détails par Piaget en tant que " l’intelligence ". On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui aime résoudre des problèmes, qui cherche des relations de cause à effet, qui aime les structures et expérimenter d’une manière logique, qui préfère la prise de notes linéaire, etc.

- L’intelligence verbale est la capacité à être sensible aux structures linguistiques sous toutes ses formes. On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui aime lire, qui parle facilement, aime raconter des histoires et en entendre, qui aime les jeux de mots.

- L’intelligence visuelle, spatiale est la capacité à créer des images mentales, et à percevoir le monde visible avec précision dans ses trois dimensions. On reconnaît particulièrement cette intelligence chez celui qui a un bon sens de l’orientation, qui crée facilement des images mentales, aime l’art sous toutes ses formes, lit facilement les cartes, les diagrammes, les graphiques.

- L’intelligence interpersonnelle est la capacité à entrer en relation avec les autres. On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui communique et entre facilement en relation, se mélange et s’acclimate facilement, aime résoudre les conflits, négocier, jouer au médiateur. - L’intelligence intrapersonnelle est la capacité à avoir une bonne connaissance de soi-même. On reconnaît particulièrement cette intelligence chez quelqu’un qui a une bonne connaissance de ses forces et de ses faiblesses, de ses valeurs et de ses capacités.

- L’intelligence naturaliste a été rajoutée aux sept précédentes par H. Gardner en 1996. C’est la capacité à reconnaître et à classer, à identifier des formes et des structures dans la nature, sous ses formes minérales, végétale ou animale. On la reconnaît chez quelqu’un qui sait organiser des données, sélectionner, regrouper, faire des listes ; chez celui qui est fasciné par la nature : les animaux et leurs comportements, les plantes, le fonctionnement du corps humain, qui a conscience des facteurs sociaux, psychologiques et humains.

L'une des principales critiques de la théorie de H. Gardner est qu'elle n'a jamais été testée expérimentalement comme les autres modèles fondés sur des mesures psychométriques.

En même temps, comme nous l’avons vu avec les tests de Wechsler, ce qui est mesuré n’est pas forcément quantifiable…


Alors que dire de l’Intelligence Émotionnelle, concept crée par P. Salovey et J. Mayer &

D. Caruso (1990) reprise en 1995 par D.Goleman dans son livre « Emotional Intelligence » ?

Il précise que « les savoirs-faire cognitifs vous ouvrent la porte de l’entreprise, mais les habiletés émotionnelles vous aident à y progresser une fois entré ».

Le modèle de Goleman comporte 4 grands concepts auxquels il lie des compétences.

- La conscience de soi : la capacité à comprendre ses émotions, à reconnaître leur influence, à les utiliser pour guider nos décisions.

- La maîtrise de soi : la capacité à maîtriser ses émotions et impulsions, et à s’adapter à l’évolution des situations.

- La conscience sociale : avoir de l’empathie, qui donne la capacité à détecter et à comprendre les émotions d’autrui et à y réagir.

- La gestion des relations : la capacité à inspirer et à influencer les autres tout en favorisant leur développement et à gérer les conflits (Goleman, 1998).


Ce concept d’intelligence émotionnelle (IE) a donné naissance à d’autres tests dit de Quotient Émotionnel, il existe par exemple le BAR-ON ou l’outil EQ de TTI success Insights. Résultat d’un besoin compulsif de quantifier, rationnaliser, même l’émotionnel ?


Le QE est prisé en entreprise, il démontrerait une meilleure capacité à travailler en groupe.

Quant aux surdoués, la croyance perdure qu’ils auraient un QE inférieur à la moyenne, ce qui a été démenti et démontré qu’a minima, ils ont un QE « dans la moyenne » et le chercheur M. Zeidner, évoque le fait qu’un surdoué qui possède une bonne conscience de lui-même et une bonne régulation de ses émotions a naturellement une IE supérieure à celle d’un non-surdoué.


Pour conclure sur les tests et la douance, je crois que le résultat des tests ne fait pas le surdon.

Le surdon est une alchimie entre l’inné et l’acquis, qui est voué à involuer ou évoluer et particulièrement pour ce qui concerne le registre des émotions.



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